SANTEVOYAGE-GUIDE

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Le guide santé des voyageurs

Larva migrans cutanée

Aussi appelée Larbish

Mis à jour le 20-09-2016  |  Publié le 01-06-2006 - Lu 70 727 fois
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Les « larva migrans cutanées », aussi appelées larbish, creeping disease, dermatite vermineuse rampante, pseudomyiase rampante, ver chien en créole, sont des affections dermatologiques dues à la pénétration dans la peau de larves d'ankylostome du chien (Ankylostoma caninum) ou du chat (Ankylostoma braziliense). Ce parasitage s'effectue en quelques sortes par erreur : les larves sont en général parasites du chien ou de chat et occasionnellement de l'homme. Les lésions siègent le plus souvent au niveau des pieds. La contamination est accidentelle, par contact cutané avec des déjections animales qui souillent le sol, surtout sur les plages.

Chez l'animal, l'ankymostome est une nématodose intestinale (parasitose intestinale du à un nématode). Celui-ci est très fortement hématophage. Fixé à la paroi intestinal, il se gave du sang de son hôte. La femelle pond de 5000 à 10 000 œufs par jour qui sont éliminés dans les selles. Au contact d'un sol propice (chaud et humide), les oeufs vont éclore et libérer des larves qui vont subir une série de mues avant de devenir infestantes (larves rhabditoïdes, strongyloïdes puis strongyloïdes enkystées). La larve, attirée par la chaleur pénètre alors la peau de l'animal, lors d'un contact prolongé. Chez le chien ou le chat, la larve après avoir transitée dans les tissus cutanés, passe dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques, gagne le cœur puis les poumons. Elle remonte l'arbre respiratoire puis bascule dans le tube digestif pour recommencer un nouveau cycle. Chez l'homme, le passage par voie sanguine ou lymphatique est impossible pour des raisons anatomiques : le parasite est en impasse parasitaire et le cycle se termine par la mort de la larve.

Clinique

Larva migrans cutanéeLa durée d'incubation est courte, en moyenne de 3 jours, mais l'intervalle peut être de 1 jour à un mois. La larve creuse des sillons entre le derme et l'épiderme.

Cliniquement, les lésions se présentent sous forme de cordons serpigineux plus ou moins inflammatoires, prurigineux, de 1 à 5 millimètres de diamètre. Comme souvent dans les lésions parasitaires, le prurit (démangeaisons) est plus intense la nuit, pouvant devenir insupportable pour certaines localisations (entre les orteils par exemple). Le cordon s'allonge au fur et à mesure de la progression de la larve : cette progression est lente, de quelques centimètres par semaine. Des réactions allergiques locales et des surinfections des lésions de grattage (impétiginisation) peuvent compliquer cette pathologie, qui spontanément va évoluer vers la guérison, en quelques semaines à quelques mois, avec la mort de la larve.

Diagnostic

Le diagnostic est essentiellement clinique et épidémiologique. Il n'existe pas d'hyperéosinophilie sanguine.

Ne pas confondre la larva migrans cutanée et larva currens, (due à une larve d'anguillule) dont le déplacement est beaucoup plus rapide (5 à 6 cm par heure), cette dernière étant essentiellement périanale, fessière, abdominale ou crurale.

Traitement

Le traitement est fonction de l'étendue des lésions et des complications locales qui en résultent.

Pour des lésions étendues, le traitement consiste en l'administration d'ivermectine (Mectizan®, Stromectol®) : 12 mg pour l'adulte, en une prise unique à jeun.

Pour des lésions moins étendues, une préparation en application locale est suffisante :

  • Lésions simples non compliquées : mise en suspension d'un comprimé de ZENTEL ® dans 10 ml de pommade EURAX ®, après avoir bien réduit au mortier. A appliquer 3 fois par jour, pendant 5 jours.
  • Lésions eczématisées et surinfectées : mise en suspension d'un comprimé de ZENTEL ® dans 10 à 15 g de dermo-corticoïde associé à un antibiotique.

La prophylaxie consiste à éviter le contact avec le sol. Sur les plages, il faut utiliser une natte en raphia. Il faut éviter le contact prolongé de la peau avec le sable. Une bonne solution est de s'installer où le sable est nettoyé par le flux de la marée. Ne pas marcher pieds nus, surtout en forêt. Attention, les vêtements ne sont pas protecteur vis à vis de la larve d'ankylostome qui peut les traverser. Il faut donc éviter aussi de s'allonger par terre, par exemple après une séance de sport, pour faire des abdominaux...

Toujours vérifier la vaccination antitétanique.

D'après un article Dr R.PRADINAUD - Ancien chef du Service de Dermatologie du Centre Hospitalier de Cayenne.

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