SANTEVOYAGE-GUIDE

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Le guide santť des voyageurs

Fièvre Jaune

Rare depuis la vaccination

Mis √† jour le 02-10-2016  |  Publi√© le 01-06-2006 - Lu 39 605 fois
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La fièvre jaune ou Amarile est une maladie infectieuse aiguë grave, causée par un virus (arbovirus du groupe B du genre Flavivirus appartenant à la famille des Flaviviridae). C'est une arbovirose, c'est à dire une maladie transmise par un arthropode (ici un moustique aedes). Il existe plus de 400 arbovirus recensés actuellement, dont les plus connus sont les virus de la Fièvre Jaune, de la Dengue et du Chikungunya. Le virus est transmis du singe au singe, du singe à l'homme et de l'homme à l'homme par certaines espèces de moustiques. La Fièvre Jaune a rendu inhabitable par le passé de vastes régions tropicales, avant la découverte de la vaccination, seul moyen efficace de se préserver de la maladie.

La fièvre jaune se rencontre en Afrique et en Amérique intertropicale, plus particulièrement dans le bassin amazonien. La maladie dans sa forme majeure provoque une atteinte du foie et des reins, fatale en dix jours dans plus de la moitié des cas. Il n'y a pas de traitement curatif spécifique, et le traitement symptomatique est aléatoire. Il est impossible d'envisager le contrôle de la fièvre jaune par une simple lutte contre les vecteurs. Par contre, la vaccination systématique des populations et des personnes exposées permet de réduire au minimum le risque de contamination humaine et d'éviter les épidémies. Une seule piqûre de moustique suffit à transmettre la maladie qui peut être mortelle chez plus de 50% des adultes et 70% des enfants.

La vaccination a une efficacité pratiquement absolue ; elle est simple et très bien tolérée. C'est la seule véritable parade contre la maladie. Elle est obligatoire pour se rendre dans certains pays ou région du monde, telle que la Guyane.

Clinique

La fièvre jaune est une infection de sévérité variable en fonction du statut immunitaire de la personne infectée et probablement de la virulence de la souche infectante.

Il existe plusieurs formes de la maladie, caractérisées par l'intensité des symptômes. Les formes d'intensité modérée s'observent surtout chez les personnes vivant dans les zones d'endémicité amarile et bénéficiant d'une immunité partielle secondaire à l'infection par d'autres virus ressemblant au virus de la Fièvre Jaune. Certaines formes peuvent être totalement inapparentes et uniquement décelables par la recherche d'anticorps dans le sang. Ces formes atténuées peuvent se manifester par des maux de tête, de la fièvre, des nausées et des vomissements. Les patients guérissent habituellement en quelques jours.

Les formes de sévérité moyenne sont caractérisées par une fièvre plus importante (40°C) et associent en plus des symptômes décrits précédemment, des douleurs osseuses et articulaires, une gêne au niveau de l'estomac et parfois des saignements de nez. Là encore, la guérison survient en quelques jours.

Pour la forme sévère, après une période d'incubation de 3 à 6 jours, la maladie se développe en deux phases successives séparées par une rémission de quelques heures.

Phase rouge : La maladie débute de façon brutale par une phase congestive, dite phase rouge, qui va durer de 3 à 4 jours. Elle est caractérisée par des douleurs articulaires et musculaires ainsi que de la fièvre. Celle-ci, à 39-39,5°C, est d'apparition brutale. Le rythme cardiaque subit des variations importantes durant cette phase, d'abord rapide, il se ralentit ensuite. Maux de tête, douleurs lombo-sacrées, perte de l'appétit, nausées et vomissements sont sévères, accompagnés d'une soif intense. Le patient peut aussi présenter des saignements de nez. Les vomissements peuvent contenir du sang dégluti lors des saignements de nez ; Une diarrhée liquide avec sang dans les selles est fréquente.

Puis pendant quelques heures, la fièvre et les signes généraux s'atténuent. Enfin, la température remonte rapidement. C'est le début de la deuxième phase, dite phase jaune.

Phase jaune : elle correspond à l'atteinte des cellules du foie par le virus et est caractérisée par une atteinte hémorragique du foie et des reins. C'est l'atteinte du foie qui va donner la teinte jaune au malade, à l'origine du nom de la maladie. La jaunisse apparaît 4 à 5 jours après le début de la maladie. D'abord modérée, elle devient progressivement plus intense. Les enzymes du foie sont élevées, signant une atteinte grave de cet organe. les manifestations hémorragiques sont sévères : tâches rouge-violacées sur la peau, saignement de nez, saignement gynécologique pour la femme et surtout digestifs : vomissements caractéristiques de sang noir et melæna (émission rectale de sang noir, partiellement digéré) qui conduisent à un état de choc.

Il existe d'autre forme de la maladie : forme pseudogrippale, hémorragique, cardiaque, hépatique et enfin suraiguë avec hyperthermie majeure, mortelle en deux ou trois jours.

Diagnostic

Le diagnostic clinique de la fièvre jaune reste difficile, car les symptômes et la sévérité de la maladie sont très variables d'un malade à l'autre. Si dans la forme classique sévère de la fièvre jaune, le tableau clinique est évocateur, les formes atténuées sont en fait prédominantes et la jaunisse est plus souvent absente que présente.

Pourtant, l'identification précoce d'un cas est très importante car un seul cas peut annoncer une épidémie d'une ampleur imprévisible. La précocité de sa détection peut conditionner l'efficacité de la mise en oeuvre de mesures prophylactiques à l'échelle de la collectivité.

Le diagnostic positif paraclinique repose sur l'isolement du virus dans le sang par inoculation à des animaux de laboratoire (souris). Il doit être entrepris le plus précocement possible, idéalement dans les 4 premiers jours de la maladie pendant la phase où le virus se trouve dans le sang (appelée phase virémique).

Il est également possible de faire un diagnostic indirect de la maladie en détectant une ascension des anticorps antiamarils. Ils apparaissent 3 à 4 jours après le début de la maladie et persistent 2 à 3 mois.

Traitement

Il est uniquement symptomatique. Il n'y a pas actuellement de traitement spécifique pour cette maladie. C'est pour cette raison que la vaccination reste le seul moyen pour tenter de l'éradiquer. Le vaccin contre la fièvre Jaune doit être réalisé dans des centres agréés. Il peut être réalisé à partir de l'âge de 6 mois, dans un centre de vaccination agréé. Ces centres sont les seuls habilités à effectuer la vaccination antiamarile et à délivrer les certificats exigés par le règlement sanitaire international. (voir la liste des centres agréés).

Le schéma vaccinal se compose d'une seule injection sous-cutanée ou intramusculaire au moins dix jours avant le départ. C'est la période nécessaire à l'apparition des anticorps et donc à la pleine efficacité du vaccin. La vaccination amarile est bien tolérée, les effets secondaires sont rares. Les contre-indications du vaccin sont :

  • la grossesse : dans un contexte épidémique, et sans possibilité de surseoir au voyage, la gravité de la maladie étant supérieure au risque théorique lié à la vaccination, il est recommandé de vacciner la femme enceinte. Une vaccination faite au cours d'une grossesse méconnue ne justifie pas de conseiller une interruption de grossesse.
  • les nourrissons de moins de 6 mois (les bébés non vaccinés seront placés sous moustiquaire),
  • en cas de déficit immunitaire congénital ou acquis,
  • en cas de maladie maligne évolutive,
  • les allergies aux protéines de l’œuf (en cas de nécessité absolue liée à un contexte épidémique, une vaccination peut être entreprise en suivant un protocole spécial)

Si l'exigence administrative est la seule raison motivant la vaccination amarile et en l'absence de contexte épidémique dans le pays de destination, il est préférable d'essayer de produire un certificat de contre-indication à la vaccination qui sera rédigé si possible dans la langue du pays de destination. Tous les pays n'accordant pas de dérogation, il est nécessaire de se renseigner auprès de l'ambassade.

A partir de juillet 2016, la période de validité d'un certificat international (qui était de dix ans à compter du dixième jour qui suit la vaccination) est prolongée à vie : il n'y a donc pas lieu d'effectuer de rappel à 10 ans sauf en cas de risque épidémique dans le pays de destination. Le voyageur non vacciné ou insuffisamment tôt, arrivant dans un pays exigeant la vaccination antiamarile se verra contraint d'observer une quarantaine pendant 6 jours (durée "légale" de l'incubation de la fièvre jaune) ou jusqu'au 10ème jour après la vaccination. Il convient donc de se faire vacciner suffisamment tôt avant le départ.

Enfin, il est possible d'associer la vaccination antiamarile avec d'autres vaccins utiles aux voyageurs : vaccin anti-méningococcique, vaccin anti-typhoïdique, vaccins contre l'hépatite A et B et DTP.

La lutte contre la Fièvre Jaune repose donc sur l'association de la vaccination des populations locales exposées, la vaccination des voyageurs se rendant dans ces zones et la lutte anti-moustiques (lutte anti-vectorielle), afin de tenter d'éliminer le vecteur de la maladie.

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